Avocat, expert-comptable, architecte : vous avez le droit de vous montrer

Professionnel d'une profession réglementée consultant son profil en ligne à son bureau, entouré de documents et d'un code de déontologie

« Je ne peux pas faire comme un community manager, je suis avocat. » C'est la phrase que nous entendons le plus souvent chez les professionnels d'un ordre réglementé qui hésitent à publier sur LinkedIn. Elle part d'une bonne intention, mais elle repose sur une idée dépassée : la déontologie de ces professions a changé, et elle autorise aujourd'hui bien plus que ce que l'on imagine.

Chez Éclat de Réussite, nous accompagnons régulièrement des indépendants et des chefs de petite structure, avocats, experts-comptables ou architectes compris, qui veulent construire une présence professionnelle sans savoir où se situe la limite. Voici ce que disent réellement les textes, profession par profession, et ce qui reste à éviter.

Ce que dit la déontologie aujourd'hui, en une phrase

Depuis le milieu des années 2010, les trois professions réglementées les plus concernées (avocats, experts-comptables, architectes) ont toutes officiellement ouvert la porte à la communication personnelle, sous conditions de sincérité et de mesure. Ce n'est donc plus une question de « droit ou interdit », mais de « comment », ce qui change entièrement la façon d'aborder le sujet.

Avocats : la fin d'une interdiction vieille de plusieurs décennies

Depuis le décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014, les avocats peuvent faire de la publicité et du démarchage personnalisé. Avant ce texte, la règle était stricte : « toute offre de service personnalisée adressée à un client potentiel est interdite à l'avocat », qui ne pouvait communiquer que par sa plaque professionnelle et son papier à en-tête, de taille souvent réglementée.

Le règlement intérieur national de la profession a été modifié en conséquence en novembre 2014, et le Conseil d'État a confirmé cette liberté le 9 novembre 2015. La seule condition posée par l'article 15 du décret de déontologie : une information sincère sur la nature des prestations proposées, et le respect des principes essentiels de la profession, ce qui exclut tout élément comparatif ou dénigrant envers un confrère.

Experts-comptables : une liberté de publicité réelle, mais mesurée

Depuis la réforme 2014 du code de déontologie de la profession, les experts-comptables bénéficient d'une liberté de publicité (article 12) qui ouvre également le démarchage personnalisé. Là encore, le mot clé n'est pas « interdiction » mais « mesure » : l'information diffusée doit rester sincère quant à la nature des services, la démarche doit demeurer mesurée dans sa forme, et ce qui reste prohibé, c'est la pression commerciale et la promesse de résultat.

Concrètement : un expert-comptable peut aujourd'hui publier une analyse d'actualité fiscale, expliquer une méthode de travail ou présenter un cas anonymisé, sans enfreindre son code de déontologie. Ce qu'il ne peut toujours pas faire, c'est promettre un résultat chiffré ou dénigrer un confrère pour obtenir un dossier.

Architectes : une communication encadrée depuis 1980, et récemment réaffirmée

Le code de déontologie des architectes, fixé par le décret n° 80-217 du 20 mars 1980, encadre la publicité de la profession depuis plus de quarante ans sans l'interdire. Signe que la profession assume pleinement ce terme aujourd'hui : un décret de juin 2026 a renommé ce texte de « devoirs professionnels » à « déontologie », un ajustement qui accompagne une pratique déjà bien installée chez les architectes les plus visibles sur les réseaux professionnels.

Pour un architecte, la logique reste la même que pour les deux professions précédentes : montrer des réalisations, expliquer une démarche de conception, partager une veille réglementaire est admis, tant que la communication reste honnête et respecte l'engagement écrit préalable qui encadre chaque mission avec un client.

Ce qui reste interdit, quel que soit votre ordre professionnel

Au-delà des nuances propres à chaque profession, un socle commun se dégage des trois textes :

Retenez cette ligne simple : tout ce qui informe est admis, tout ce qui fait pression ou promet un résultat ne l'est pas. C'est exactement la différence entre expliquer son métier et le vendre de façon agressive.

Ce qui fonctionne en pratique : la pédagogie plutôt que la promotion

Dans les faits, les professionnels réglementés qui construisent une présence solide ne parlent presque jamais d'eux-mêmes. Ils décryptent une actualité qui touche leurs clients (une réforme fiscale, une nouvelle réglementation thermique, une jurisprudence qui change la donne), ils expliquent une méthode de travail, ou ils partagent un cas anonymisé avec ce qui a posé problème et comment il a été résolu. Cette approche coche toutes les cases des textes déontologiques : elle informe, elle ne dénigre personne, elle ne promet aucun résultat, et elle ne met jamais la pression sur qui que ce soit.

C'est une logique proche de celle que nous décrivions pour les consultants et formateurs indépendants : montrer sa façon de raisonner plutôt qu'annoncer qu'on sait résoudre un problème. Pour une profession réglementée, cette nuance n'est pas seulement une bonne pratique marketing : c'est la limite légale elle-même.

Structurer cette présence sans y laisser vos soirées

Beaucoup de professionnels réglementés avancent seuls sur ce sujet, entre deux dossiers, sans méthode ni ligne éditoriale claire, par crainte de mal faire. Notre formation Marketing de contenus & Réseaux sociaux (certifiante RS7692) vous aide à poser un cadre clair : quoi publier, à quel rythme, et comment rester dans les clous de votre déontologie tout en construisant une vraie visibilité. Elle se suit à 100 % à distance, en e-learning, où que vous soyez en France.

Elle est éligible au CPF, avec un reste à charge de 150 € par dossier. Selon votre statut, le FAF ou l'AGEFICE peuvent compléter le financement si vous êtes chef d'entreprise ou profession libérale. Le premier échange sert à comprendre votre activité avant toute proposition, et nous répondons sous 48 à 72 heures ouvrées.

Conclusion : la déontologie protège, elle n'enferme plus

L'idée qu'une profession réglementée ne peut « pas faire comme les autres » sur sa visibilité date d'une époque révolue. Depuis 2014 pour les avocats et les experts-comptables, et depuis bien plus longtemps pour les architectes, la communication est admise, sous une condition simple : rester sincère, mesurée, et centrée sur l'information plutôt que sur la promesse. C'est une marge de manœuvre réelle, et la plupart des professionnels réglementés l'utilisent encore trop peu.

FAQ : personal branding et professions réglementées

Le personal branding est-il interdit pour les avocats, experts-comptables et architectes ?

Non. Depuis le décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014, les avocats peuvent faire de la publicité et du démarchage personnalisé. Les experts-comptables disposent de la même liberté depuis la réforme 2014 de leur code de déontologie (article 12). Les architectes sont encadrés par leur code de déontologie depuis 1980. Dans les trois cas, la communication est autorisée, mais encadrée.

Depuis quand les avocats ont-ils le droit de faire de la publicité ?

Depuis le décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014, confirmé par le Conseil d'État le 9 novembre 2015. Avant ce texte, toute offre de service personnalisée adressée à un client potentiel était interdite à l'avocat, qui ne pouvait communiquer que via sa plaque professionnelle et son papier à en-tête.

Un expert-comptable peut-il démarcher personnellement un prospect ?

Oui, depuis la réforme 2014 du code de déontologie de la profession. L'article 12 pose la liberté de publicité et ouvre le démarchage personnalisé, à condition que l'information donnée reste sincère, mesurée dans la forme, et exclue toute pression ou promesse de résultat.

Qu'est-ce qui reste interdit, même après ces réformes ?

Le dénigrement d'un confrère, la comparaison directe, la pression commerciale, la promesse de résultat et le racolage restent prohibés dans les trois professions. La communication doit rester sincère sur la nature des prestations et respecter les principes essentiels de la profession.

Comment construire une présence professionnelle sans faute déontologique ?

En privilégiant la pédagogie à la promotion : expliquer un raisonnement, décrypter une actualité juridique, comptable ou réglementaire, partager un cas anonymisé. Cette posture informe plutôt qu'elle ne vend, ce qui correspond exactement à ce qu'autorisent les textes.

Cette formation est-elle finançable pour une profession libérale ?

Oui. Notre formation Marketing de contenus & Réseaux sociaux (certifiante RS7692) est éligible au CPF, avec un reste à charge de 150 € par dossier. Le FAF ou l'AGEFICE selon votre statut de chef d'entreprise peuvent compléter le financement.