Infirmiers, kinés, sages-femmes : vous avez (enfin) le droit de communiquer

Infirmière libérale consultant son téléphone dans son cabinet, entre deux rendez-vous

« On n'a pas le droit de faire de la pub, c'est notre ordre qui l'interdit. » C'est la phrase que nous entendons régulièrement chez les infirmiers libéraux, les kinésithérapeutes et les sages-femmes qui hésitent à publier quoi que ce soit sur leur activité. Elle était vraie il y a dix ans. Depuis fin 2020, elle ne l'est plus : la réforme est passée presque sous le radar de la profession elle-même.

Chez Éclat de Réussite, nous accompagnons des professionnels libéraux de tous horizons, professions de santé comprises, qui veulent exister en ligne sans savoir où se situe la limite légale. Voici ce que disent réellement les textes, et ce qui reste à éviter.

Ce qu'a changé le décret du 22 décembre 2020, en une phrase

Depuis les décrets du 22 décembre 2020, qui ont modifié les codes de déontologie des professions de santé (dont le décret n° 2020-1663 pour les masseurs-kinésithérapeutes), la mention d'une interdiction générale de tout procédé direct ou indirect de publicité, qui figurait jusque-là dans le code de la santé publique, a été supprimée. Ce n'est donc plus une question de « droit ou interdit », mais de « comment », ce qui change entièrement la façon d'aborder le sujet.

Pourquoi cette interdiction a sauté pour (presque) toutes les professions de santé en même temps

La réforme ne vient pas d'une envie soudaine d'assouplir les règles : elle vient de la Cour de justice de l'Union européenne, qui a jugé qu'une interdiction générale et absolue de publicité pour les prestations de santé était contraire au traité européen. La France a dû s'aligner. Des décrets parus au Journal officiel le 24 décembre 2020 ont ainsi modifié, le même mois, les codes de déontologie des médecins (décret n° 2020-1662 du 22 décembre 2020), des masseurs-kinésithérapeutes, des infirmiers, des sages-femmes, des chirurgiens-dentistes et des pédicures-podologues.

Résultat : ces professionnels sont désormais libres de communiquer au public, par tout moyen y compris un site internet, des informations sur leurs compétences et leur pratique professionnelle, à condition que cette communication reste honnête, loyale, respectueuse de la dignité de la profession, et qu'elle ne soit pas trompeuse.

Ce que vous pouvez publier maintenant, concrètement

Dans les faits, voici ce que cette liberté retrouvée permet, profession par profession :

Dans les trois cas, le principe reste le même : informer un public qui cherche des réponses, pas vendre une prestation comme on vendrait un produit de consommation.

Ce qui reste interdit, sans exception

La liberté retrouvée n'est pas une liberté totale. Un socle d'interdictions demeure, identique à travers les professions de santé :

Retenez cette ligne simple : tout ce qui informe est admis, tout ce qui vend agressivement ou trompe le public ne l'est pas.

Ce qui fonctionne en pratique : informer plutôt que vendre

Les professionnels de santé libéraux qui construisent une présence solide en ligne ne parlent presque jamais d'eux-mêmes en premier lieu. Ils répondent à une question que leurs patients se posent réellement : comment soulager telle douleur, à quoi s'attendre lors d'un premier rendez-vous, comment se déroule telle prise en charge. Cette approche coche toutes les cases des textes déontologiques, et elle a un autre avantage : c'est exactement ce que cherchent les patients avant de choisir un praticien, bien avant de regarder les avis.

C'est une logique proche de celle que nous décrivions pour les avocats, experts-comptables et architectes : montrer sa façon de travailler plutôt qu'annoncer un résultat. Pour une profession de santé, cette nuance n'est pas qu'une bonne pratique marketing : c'est la limite légale elle-même.

Structurer cette présence sans y laisser vos soirées entre deux visites

Entre les visites à domicile, les rendez-vous au cabinet et les dossiers administratifs, peu de professionnels de santé libéraux ont le temps de poser une vraie méthode : quoi publier, à quel rythme, sur quel réseau. Notre formation Marketing de contenus & Réseaux sociaux (certifiante RS7692) vous aide à poser ce cadre en 24 heures, 100 % à distance, où que vous soyez en France. L'objectif n'est pas de vous transformer en community manager, mais de vous donner une méthode simple que vous gardez après la formation.

Elle est éligible au CPF, avec un reste à charge de 150 € par dossier. En tant que profession libérale, cotisant comme le rappelle notre article sur le FIFPL, ce fonds peut compléter le financement selon votre situation. Le premier échange sert à comprendre votre activité avant toute proposition, et nous répondons sous 48 à 72 heures ouvrées.

Conclusion : la déontologie protège, elle n'enferme plus

L'idée qu'une infirmière, un kiné ou une sage-femme ne « peut pas faire comme les autres » sur sa visibilité date d'une époque révolue depuis fin 2020. La communication est admise, sous une condition simple : rester honnête, mesurée, et centrée sur l'information plutôt que sur la promesse. C'est une marge de manœuvre réelle, et la plupart des professionnels de santé libéraux l'utilisent encore trop peu, souvent par méconnaissance du texte plutôt que par choix.

FAQ : personal branding et professions de santé libérales

Les infirmiers, kinésithérapeutes et sages-femmes ont-ils le droit de communiquer sur leur activité ?

Oui. Depuis les décrets du 22 décembre 2020 modifiant leurs codes de déontologie respectifs (dont le décret n° 2020-1663 pour les masseurs-kinésithérapeutes), l'interdiction générale de toute publicité directe ou indirecte a été supprimée. Ils peuvent désormais communiquer au public, par tout moyen y compris un site internet, des informations sur leurs compétences et leur pratique professionnelle.

Que peut-on publier sans enfreindre son code de déontologie ?

Toute information honnête, loyale, respectueuse de la dignité de la profession et non trompeuse pour le public : conseils de prévention, explication d'une pathologie courante, présentation du cabinet, horaires, modalités de prise en charge. Ce qui informe est admis, ce qui vante un résultat ou dénigre un confrère ne l'est pas.

Peut-on payer pour apparaître en premier sur Google ou les réseaux sociaux ?

Non. Le référencement payant qui ferait apparaître ses informations de façon prioritaire dans les résultats de recherche reste interdit. La visibilité doit se construire par le contenu, pas par l'achat de mise en avant.

Pourquoi cette réforme a-t-elle eu lieu en 2020 ?

Parce que la Cour de justice de l'Union européenne a jugé qu'une interdiction générale et absolue de publicité pour les prestations de santé était contraire au traité européen. La France a aligné ses codes de déontologie (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, sages-femmes et d'autres professions de santé) sur ce principe fin décembre 2020.

Comment financer une formation à la communication professionnelle en tant que profession de santé libérale ?

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